Construction et Bâtiment

Construction et Bâtiment

Le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) connait depuis ces dernières années un essor sans précédent, le plaçant en tête des autres secteurs de l’économie marocaine en termes de volume des investissements réalisés au pays.
C’est un secteur avide d’innovations de technologies les plus avancées dans le domaine (matériaux de construction, équipements énergétiques et techniques, automatisme, informatique, etc.), permettant ainsi de réduire les couts et les délais de réalisation des projets.

Sur les 60 000 entreprises que compte le secteur, plus de 40 000 unités exercent dans l’informel et ne sont pas localisées. Alors qu’à peine 5000 unités sont organisées. Globalement, à l’exception de certaines grandes entreprises ou PME-PMI bien structurées, les entreprises du BTP sont sous- capitalisées, de tailles modestes, faiblement encadrées, avec des modes de gestion et d’organisation souvent archaïques.

Toutefois, le secteur est l’un des premiers employeurs du royaume. En 2011, le secteur du bâtiment et des travaux publics a employé près de 1.059.000 personnes, avec une création nette de 30.000 nouveaux postes d’emploi, 16.000 postes créés en milieu urbain et 14.000 en milieu rural, selon le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Politique de la Ville.

Entre le deuxième trimestre 2011 et la même période de 2012, le BTP a créé 34.000 postes d’emploi, 16.000 en milieu urbain et 18.000 en milieu rural. Ce qui représente une hausse de 3,4% du volume d’emploi du secteur.

Bâtiments Industriels/logistiques

Le Maroc abrite 79 zones industrielles dont 61 sont urbanisées et équipées, 6 en cours de viabilisation et 12 qui devraient être développées et équipées dans les années à venir. La majeure partie du parc industriel existant est ancien et ne répond pas aux standards d’équipements et d’infrastructures. 

Un programme national dit « Pacte Émergence» a été mis en place dans le but de développer les activités industrielles et logistiques dans tout le pays.

Cette initiative gouvernementale comprend aussi l’aménagement de plateformes industrielles intégrées (P2i) afin de répondre aux standards de la demande étrangère. Le Pacte Émergence vise aussi le renforcement des secteurs d’activités existants tels que l’artisanat et le textile.

Afin d’attirer les investisseurs étrangers et locaux ciblés, le gouvernement marocain offre de nombreuses incitations fiscales, des procédures administratives simplifiées, des prix de terrain attractifs et autres types d’avantages. Grâce à une stratégie proactive, le “Pacte Émergence” a déjà donné des résultats tangibles dans divers secteurs avec des réalisations remarquables à Casablanca et à Tanger. Plusieurs entreprises internationales telles que Yazaki, Sumitomo, Lear, Faurecia ont déjà délocalisé une partie de leur activité au Maroc.

Les marchés industriels et logistiques de Casablanca

La région du Grand Casablanca est le moteur de l’économie marocaine et représente 44% de la main d’oeuvre industrielle au Maroc, 48% des investissements nationaux et 35% des entreprises opérants dans le pays selon le Centre Régional d’Investissement de Casablanca. L’offre industrielle n’est pas structurée et son développement est handicapé par la rareté et la cherté du foncier au sein des principales zones industrielles de la région. La majorité des parcs industriels sont vétustes et offrent des infrastructures et des services de proximité (restaurants, etc.) insuffisants pour répondre aux besoins des entreprises établies. Les plus anciennes zones industrielles sont les suivantes :

  • AIN SEBAA-HAY MOHAMMADI qui concentre 46% de la production industrielle totale.
  • SIDI BERNOUSSI-ZENATA qui représente 23% de la production industrielle.
  • AIN CHOCK-HAY HASSANI-CASABLANCA ANFA avec près de 16% de la production de la région.

Si la demande est historiquement liée au dynamisme économique de la ville de Casablanca, la demande internationale est croissante et les opérateurs sont à la recherche de parcs industriels intégrés, dotés de système de gestion modernes et respectant les standards internationaux. Des nouveaux pôles industriels plus récents ont également émergé dans la région du Grand Casablanca, notamment les zones suivantes:

  •  MOULAY RACHID (29 ha);
  •  DAR BOUAZZA (10 ha);
  •  NOUACEUR composée de Sapino (262 ha) et de l’Aéropole (200 ha);
  •  MOHAMMEDIA (120 ha);
  •  BOUSKOURA (28 ha).

Les prix de vente des terrains dans les zones de Aïn Sebaâ, Sidi Bernoussi et Moulay Rachid restent relativement élevés étant donné le potentiel de développement du résidentiel dans certaines zones.

Plan logistique de Casablanca

Le secteur de la logistique connaît actuellement un accroissement de la demande de la part des industriels pour l’externalisation d’une partie de l’activité logistique, ce qui a conduit à une hausse de la demande pour des plateformes logistiques aux standards internationaux de la part des logisticiens.

Le développement de ces plateformes logistiques est cependant freiné par le déficit de foncier adéquat à des prix permettant aux investisseurs d’obtenir les rentabilités escomptées en appliquant des loyers de marché.

Les parcs logistiques existants au sein du Grand Casablanca affichent un taux d’occupation moyen de 90% même si une part importante de l’offre ne répond pas aux standards internationaux en termes de services, d’équipements et de qualité de construction. Les parcs logistiques qui s’approchent le plus de ces standards affichent un taux d’occupation de 100%.

Cependant, plusieurs projets de plateformes logistiques sont en cours de développement dans la région de Casablanca. Étant donné la cherté du foncier dans la région, seuls les organismes étatiques et quelques acteurs privés disposant d’une réserve foncière importante sont en cours de réalisation de ces plateformes logistiques à l’instar de la zone MITA (dont le maître d’ouvrage est l’ONCF) et la zone de la SNTL. Les prix de location actuels oscillent entre 42 et 60 dirham/m2 entre +/- 3,65 et 5,22 euro/m2).

Le secteur de la logistique constitue l’un des enjeux majeurs quant au développement de l’activité industrielle au Maroc. En tant que poumon économique du Royaume, la région du Grand Casablanca est sujette au déploiement de Zones Logistiques Multi-Flux (ZLMF) tel que dicté par le Schéma National. Ainsi, dans cette région, 607 hectares à l’horizon 2015 et 978 hectares à l’horizon 2030 devraient être réaménagés pour répondre au mieux au besoin croissant en logistique organisée. Les plateformes prévues à cet effet devraient être développées à Zenata, Oulad Hadda, Deroua, Nouaceur, Oulad Saleh, Bouskoura, Lakhyayta I et Lakhyayta II. Le développement des futures ZLMF, se distribuera de la manière suivante à l’horizon 2030:

Ainsi, deux axes entourant la région seront privilégiés:

  •   Corridor logistico-industriel Est-Sud (Zenata-Nouaceur)
  •   Corridor Sud-Ouest (Nouaceur-Lakhyayta I)

Les marchés industriels et logistiques de Tanger

Néanmoins, bien que Casablanca soit la capitale économique du Royaume et concentre la majorité de l’activité industrielle du pays, son potentiel de développement futur reste relativement limité par rapport à d’autres villes du Maroc notamment Tanger.

La région de Tanger a connu une forte croissance en raison de la hausse de la demande d’investisseurs locaux et internationaux attirés par le lancement de Tanger MED et l’expansion de Tanger Free Zone.

Tanger MED accueillera l’une des plus importantes plateformes industrielles et logistiques du pays grâce à la création du grand port et l’installation de l’usine Renault. En effet, deux zones industrielles (Mellousa I et Mellousa II) ainsi qu’une zone logistique de 130 hectares sont en cours de développement à proximité immédiate du port. Mellousa I couvre une zone de services de 300 hectares et accueillera le plus grand projet industriel du Maroc – l’usine Renault-Nissan. La ville de Tanger comprend essentiellement 6 zones industrielles:

  • Tanger Free Zone s’étend sur 145 hectares et a connu un grand succès lors de sa commercialisation accueillant près de 300 entreprises.
  • Située sur la route reliant Tanger à Tétouan, la zone industrielle de Mghogha représente une superficie totale de 139 hectares.
  • AlMajd qui est le plus petit et le plus ancien parc industriel couvre seulement 22,7 hectares.
  • La zone industrielle Gzenaya, située à proximité de TFZ s’étend sur une surface totale de 129 hectares.
  • La zone industrielle de Tanger Automotive City (TAC), réalisée sur une assiette foncière de 300 hectares.
  • La zone industrielle de la commune rurale de Hjar Nhal (entre Tanger et Tétouan) encore en projet, qui représentera une superficie totale de 1200 hectares.